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Réforme du « Règlement Retours » de l’Union européenne : décryptage des nouvelles mesures d’expulsion

Réforme du « Règlement Retours » de l’Union européenne : décryptage des nouvelles mesures d’expulsion

Le 1er juin 2026, les institutions de l’Union européenne (États membres, Parlement et Commission) sont parvenues à un accord pour adopter un nouveau règlement harmonisant et durcissant les procédures de reconduite à la frontière des ressortissants étrangers en situation irrégulière. Ce texte vient compléter le Pacte sur l’asile et la migration.

Il convient d’analyser les évolutions concrètes que ce cadre normatif va introduire dans le contentieux du droit des étrangers.

L’externalisation du traitement : la création de « plateformes de retour »

L’une des innovations majeures de ce texte réside dans la possibilité de relocaliser des étrangers en situation irrégulière dans des pays tiers, qui ne sont pas nécessairement leur pays d’origine.

  • Objectif technique : Pallier le défaut de coopération ou le refus de délivrance de laissez-passer consulaires par certains États d’origine.
  • Mise en œuvre : Création de centres de rétention externalisés (ou plateformes) gérés dans des pays partenaires hors du territoire de l’UE. Des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, la Grèce et le Danemark travaillent déjà activement à la mise en place de projets pilotes, évoquant des négociations avec des États tels que le Rwanda, l’Ouganda ou l’Ouzbékistan.
Vous êtes concerné par une mesure d’éloignement ?

LexCase Immigration peut analyser votre situation et les recours envisageables face à une décision de retour ou d’expulsion.

Faire analyser votre situation

Le durcissement des mesures de contrainte et de surveillance

La réforme modifie significativement l’équilibre entre l’incitation au départ volontaire et l’exécution forcée. Plusieurs mesures étendent les pouvoirs de police administrative :

  • Généralisation de l’exécution forcée : Les mesures de retour forcé deviennent l’option procédurale par défaut.
  • Contrôle et visites domiciliaires : Les autorités nationales se voient accorder de nouvelles prérogatives d’investigation, incluant des visites au domicile des administrés et des modalités de surveillance plus intrusives.
  • Saisie de documents : Des sanctions accrues s’appliqueront en cas de non-coopération, notamment la possibilité de procéder à la saisie des documents d’identité.

L’allongement substantiel des durées de rétention

Le texte redéfinit les standards européens en matière de privation de liberté à des fins d’éloignement :

  • Durée maximale : Le placement en centre de rétention administrative pourra être prolongé par les autorités compétentes jusqu’à 24 mois (deux ans), et exceptionnellement jusqu’à 30 mois (deux ans et demi).
  • Champ d’application : Cet allongement de la durée de rétention s’applique également aux structures familiales et peut inclure les mineurs.

Une interdiction de retour étendue

Jusqu’alors fixée à une durée maximale standard de 5 ans, l’interdiction de territoire ou le bannissement d’entrée sur le sol européen est lourdement aggravé :

  • Le texte prévoit désormais des interdictions de retour pouvant s’étendre de 10 à 20 ans pour les personnes expulsées.

Ce nouveau cadre juridique va profondément modifier la pratique du droit des étrangers en France en permettant de modifier les règles actuelles.

Anticiper les effets du nouveau cadre européen

LexCase Immigration accompagne les personnes et familles confrontées aux procédures de retour, de rétention ou d’interdiction de retour.

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